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(Suite de la publication de travaux d'élèves liés à la sortie Dali - Moreau du 2 mai 2013)
Cécile Lejeune, élève de Seconde B l'an dernier, s'est inspirée d'une aquarelle de Gustave Moreau, Pasiphaé et Minos (1876 -1880 / 26 x 51 cm) et d'une huile sur toile de Salvador Dali, Persistance de la mémoire (1931 / 24 x 33 cm, au Museum of Modern Art de New-York).
Voici sa note d'intention :
À travers ces deux œuvres, j'ai imaginé l'histoire de l'unicorne et du taureau dans le tableau de Moreau en les associant aux montres de celui de Dali.
Le taureau et l'unicorne seraient des formes de prison pour Pasiphaé et Minos qui auraient enfreint les règles des dieux et partagé des passions. Les dieux les auraient punis en les transformant en unicorne et en taureau et en ne leur permettant de se retrouver sous leur forme humaine qu'à chaque pleine lune. Leur temps serait limité par une montre qui, une fois entièrement égouttée, en marquerait la fin.
Cette lame de lumière perçant le brouillard
Nous atteint en plein cœur. Vite ! Ne pas fuir trop tard
Car nos peaux nous attendent, lui sa férocité,
Sa force et ses deux cornes, moi, l'unique et ma beauté.
Une nuit, si belle, si courte, nous est permise
Comme le sort d'un amour que l'on brise.
Notre triste dessein ne permet à notre forme humaine
De renouer avec sa moitié qu'à lune pleine.
Donc chaque fois la montre gouttante nous attend :
Nous nous aimons, tant et tant, jusqu'à plus de temps.
Puis reprenons nos voies, vivons nos vies maudites,
Pleurant chaque jour ces passions interdites
Que les cruels dieux ont sans scrupule dictées.
Telle est l'histoire de Minos et de Pasiphaé !
À propos de l'aquarelle de Gustave Moreau
Pasiphaé, fille d'Hélios et de Persé (Perséis), est l'épouse de Minos, roi de Crète. Tour à tour immortelle ou magicienne, elle eut plusieurs enfants de son mari dont Ariane, Deucalion, Glaucos, Androgée, Catrée, Acacallis, Xenodicée et Phèdre. Pasiphaé, lassée des infidélités répétées de son mari, lui jette un sort le condamnant à éjaculer des bêtes venimeuses s'il couche avec d'autres femmes, les condamnant ainsi à une mort certaine. Mais Minos, n'ayant pas tenu son engagement de sacrifier un taureau blanc à Poséidon, le dieu, pour se venger, rendit Pasiphaé amoureuse de l'animal: « Dédale construisit une vache en bois montée sur des roulettes, l'intérieur était creux, et elle était recouverte d'une peau de bovidé, il la mit dans le pré où le taureau avait l'habitude de paître, et Pasiphaé y entra...» De ces amours Pasiphaé mit au monde Astérion, dit le Minotaure, qui fut ensuite maintenu enfermé dans le Labyrinthe.
La scène se situe au moment où Pasiphaé, nue, se prépare à renter dans la carcasse de vache qui va lui servir à séduire le taureau blanc alors que Dédale assis à gauche regarde la scène.
Pas d'unicorne selon cette présentation de la maison de vente aux enchères Millon & Associés. Mais puisque Cécile le voit...le mythe change encore de forme, fécondé par son imagination et la rencontre des deux univers du symboliste Moreau et du surréaliste Dali...
À suivre...