Toutes les informations sur la vie culturelle au Lycée Arago, Reims. Théâtre, cinéma, sorties, activités culturelles, créations...
(Suite du compte-rendu de la sortie du 2 mai 2013)
Pendant que l'un des deux groupes visitait l'Espace, l'autre découvrait le quartier de manière ludique grâce à un
questionnaire très précis. Au menu, de l'histoire, de la géographie, bien sûr, mais aussi des langues, des arts. Où l'on apprend par exemple que le mot "bistrot" vient du russe "bistro"
signifiant "vite", les Cosaques campant à Montmartre en 1814 ayant peu de temps pour boire un verre chez "La Mère Catherine". Que "Je t'aime" se dit "dama la nob" en sénégalais wolof ou "s'agapo"
en grec...Où l'on flane sur les traces de Picasso et de tant d'autres dans un quartier marqué par l'Art Nouveau, avec notamment les entrées de station de métropolitain (tiens, un mot raccourci
aujourd'hui...) conçues par l'architecte Hector Guimard, ou cette belle maison presque en face de l'Espace Dali, avec sa superbe porte aux motifs d'ailes de libellule ou d'insecte : regardez bien
le judas et sa toile d'araignée, sans parler des ....chouettes poignées !
Après la visite de l'Espace Dali, la promenade dans Montmartre, et une fois restauré, le groupe a descendu la colline pour se diriger vers le musée Gustave Moreau (le site est très bien fait !!), au 14 rue de La Rochefoucauld. Un musée à taille humaine : le peintre (1826 - 1898) a légué sa maison à l'État afin que ses collections ne soient pas entièrement dispersées (on trouve par ailleurs bien d'autres toiles du maître dans les musées du monde entier). Au premier étage, on se promène dans les appartements de l'artiste, meublés et décorés comme à l'époque. Un escalier, très célèbre, conduit aux deux étages supérieurs occupés par son atelier aux murs tapissés de ses huiles sur toile ou aquarelles, tandis que des placards bas conservent près de 13000 dessins, visibles grâce à un système de rangement bien pensé les préservant de la lumière (c'est pourquoi les gardiens prennent soin de refermer les placards lorsque les visiteurs ne le font pas).
Les élèves, séduits par Dali, ont été souvent un peu déconcertés par l'imaginaire de Gustave Moreau, nourri de mythologie grecque et de culture classique (Homère, mais aussi la Bible, en particulier l'Ancien Testament). Un devoir à rendre en Français sur les deux peintres devrait leur permettre de se familiariser avec ce monde qui fascina les Surréalistes...et donc de mieux comprendre la nécessité d'une large culture pour décrypter des oeuvres majeures !!
Ce fut l'occasion pour les élèves de Seconde B de retrouver le mythe de Prométhée, déjà présent dans Retour à Argos, spectacle auquel ils ont assisté début avril...
Accroché en hauteur, Le Poète persan montre la tendance syncrétique de l'imaginaire de Gustave
Moreau : avatar de l'Orphée grec, le poète chevauche une licorne, avec dans le dos une lyre qui évoque plutôt un sitar indien...qu'un târ persan. Nous restons tout de même dans la très vaste
famille des luths. « Poète, prends ton luth ! » écrivait un certain Alfred de Musset dans l'une de ses Nuits.
Pas question de vous quitter sans vous donner un aperçu d'une des pièces de l'appartement de l'artiste...
En guise d'épilogue à ce compte-rendu, je mettrai peut-être en ligne une sélection (féroce) de travaux d'élèves inspirés par les deux peintres.
Photographies © Aramis